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28.08.2009Tunisie - Concurrence internationale : La compétitivité implique l’amélioration de la productivité

Premier pays de la rive sud de la Méditerranée signataire de l’accord bilatéral avec l’Union européenne en 1995, la Tunisie, arrimée de plus en plus au destin du Vieux continent, surtout avec l’entrée en vigueur de la zone de libre-échange, expose, en connaissance de cause, son tissu industriel à une mise en compétition très vive qui risque de pénaliser une partie de ses entreprises, mais, en même temps, à moyen et long terme, l’inscription dans une logique d’élargissement (Zone de Libre-Echange Euro-méditerranéen) permettra aux opérateurs économiques du pays l’accès à un marché de plus de 700 millions de consommateurs.
Tunis a ainsi mis sur pied, en partenariat avec Bruxelles, une baisse progressive des tarifs douaniers, à des rythmes variables selon les catégories de produits. Depuis 2006, aucun droit n’est perçu sur les produits n’ayant pas d’équivalent fabriqué localement ainsi que sur les matières premières et produits semi-finis ayant leur équivalent fabriqués localement mais nécessaires à la production de produits finis. A l’exception du domaine agricole et agroalimentaire, le taux 0% devrait être en vigueur au 1er janvier 2010, c'est-à-dire, demain.

Cela dit, comment le pays peut-il arriver à une mise en compétition à armes égales avec des nations au cœur de l’ordre marchand planétaire ? Quelle est la feuille de route à suivre en Tunisie, afin de mettre au niveau des normes internationales, les biens, les services et le système productif dans son ensemble (capital-travail) ?

L’heure est à la spécialisation ?

«Seule l’identification de quelques secteurs porteurs peut autoriser avec profit cette mise en concurrence à l’échelle du monde», nous dit M. Adel Ben Achour, P.D.G de Mory Tunisie, une plateforme logistique spécialisée dans le transport international, pour qui l’arrimage accru aux principaux centres marchands de la planète suppose une spécialisation de l’économie dans l’exportation des produits à élasticité-revenu forte et élasticité-prix faible, une implantation de firmes mondialisées, insérées dans le système des échanges mondiaux et la construction d’un appareil national de production, intégré et cohérent, fondé sur l’amélioration sensible de la qualité des produits et non pas sur une main-d’œuvre à bas salaires.

Notre interlocuteur a mis en exergue la saga de Chakira -du nom de l’entreprise-mère du groupe Elloumi-premier conglomérat privé tunisien, au cinquième rang mondial pour la fabrication de câbles et faisceaux électriques pour automobiles, en partenariat avec Opel-General Motors, qui a réussi à donner l’exemple d’une firme totalement assimilée dans le réseau mondial de la certification, du reporting et de la communication avec des délais de fabrication et de livraison à faire pâlir de jalousie, insiste-t-il, la maison-mère.

Ainsi donc, conclut notre vis-à-vis, le câblage automobile devient une spécialité tunisienne de niveau mondial avec l’implantation, à côté de Chakira, des firmes allemandes Draxlmäier et Krombert§ Schubert, du coréen Sewon ECS et du japonais Sumitomo, à Béja, Kairouan et au Kef, activant, de ce fait, de nouveaux bassins d’emploi dans les régions intérieures.

Cependant, d’après certains analystes, même si quelques entreprises, dans l’industrie et le tourisme, emboîtent le pas à Chakira et essaient de se positionner, d’agir en réseautage, selon les normes en vigueur au Nord, cette tendance est encore exceptionnelle dans le pays et se situe, indiquent plusieurs études, à hauteur de quelques centaines de millions de dinars de chiffre d’affaires, pour le total des holdings réellement insérés dans le système de l’économie-monde, compte tenu du nombre des entreprises de la sous-traitance mondiale.

Il est maintenant tout à fait clair, affirme M. Aissa Baccouche, ancien secrétaire général de l’UGET à la fin des années soixante, sociologue, qu’une amélioration de l’efficience de l’économie nationale, dans le contexte d’une compétitivité internationale de plus en plus rude, adossée à un libéralisme excessif, proliférant et illimité, appelle à une sélection de quelques secteurs de spécialisation porteurs, dans lesquels le pays sera en mesure d’affirmer une forme de primauté, de confirmer sa capacité à être concurrentiel et d’apporter une valeur ajoutée certaine, ce qui implique, dit-il, le renforcement de l’attractivité de quelques portions du territoire national, la gestion rigoureuse de l’entité socio-spatiale Tunisie et la reconnaissance internationale des efforts poursuivis.

Source: Webmanagercenter

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